Indice de la corruption 2018: la RDC 161e sur 180 pays monde

La RDC occupe la 161e place sur les 180 pays dans le rapport sur la perception de la corruption dans le monde, publié mercredi 29 janvier par l’ONG Transparency International.

Elle régresse d’un point parce qu’elle passe de 21 à 20% sur cette évaluation annuelle de la perception de la corruption dans le monde.

Selon Heri Bitamala, Directeur Executif de l’ONG Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption basée à l’est du pays « La fuite des capitaux dans les secteurs miniers, de télécommunication, la fraude fiscale et le blanchiment des capitaux sont les maux les plus graves qui valent au pays d’occuper cette place dans ce classement. » « 15 milliards de dollars US, c’est à cette somme qu’on estime les pertes annuelles de la RDC en termes de corruption ».

Le gouvernement

« La RDC est dépourvue d’un arsenal juridique en matière de lutte contre la corruption. Les références  à la corruption comme infraction sont vagues dans le code pénal congolais. »

Mais visiblement pour le gouvernement congolais, la lutte contre la corruption est loin d’être une priorité. Si un Bureau spécial de lutte contre la corruption a été mis en place, celui-ci n’existe que de nom et est dépourvu de tous moyens, notamment financier. En effet le budget 2019 de l’État congolais chiffré à environs 6 milliards de dollars américains, ne comporte aucune ligne dédiée à la lutte contre la corruption.

Patricia Moreira, directrice générale de Transparency International estime que de nombreuses institutions démocratiques sont menacées à travers le monde – souvent par des dirigeants qui s’inscrivent dans une tendance autoritaire ou populiste. « nous devons redoubler d’efforts pour renforcer les freins et contrepoids et protéger les droits des citoyens. La corruption effrite la démocratie et produit un cercle vicieux en sapant les institutions démocratiques. En effet, plus ces institutions sont faibles, moins elles sont en mesure de contrôler la corruption. »

Pour progresser réellement dans la lutte contre la corruption et consolider la démocratie dans le monde, Transparency International appelle tous les gouvernements à :

  • Renforcer les institutions chargées de maintenir l’équilibre des pouvoirs, notamment les freins et contrepoids au pouvoir politique, et veiller à ce qu’elles puissent fonctionner sans subir de pressions ;
  • Combler les écarts au niveau de la mise en œuvre de la législation, des pratiques et de l’application des normes destinées à la lutte contre la corruption ;
  • Soutenir les organisations de la société civile qui sont un relais en matière politique et assurent un suivi des dépenses publiques, en particulier au niveau local ;
  • Soutenir les médias libres et indépendants et garantir la sécurité des journalistes de telle sorte qu’ils puissent travailler sans faire l’objet d’intimidations ni de harcèlement.

Au Sud-Kivu, le CERC (Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption) se concentre actuellement sur deux aspects essentiels. Tout d’abord, l’objectif est de renforcer les capacités des citoyens et des organisations de la société civile au Sud-Kivu avec des formations et des activités d’accompagnement. Ainsi, les citoyens et des organisations de la société civile seront mieux équipées pour lutter contre la corruption et favoriser la transparence. Parallèlement, des compétences de recherche sur l’anti-corruption seront appuyés afin de faciliter la production d’études sur la corruption et sur l’intégrité.

Heri Bitamala