Sensibiliser les enfants d’âge scolaire sur la lutte contre la corruption.

En raison de l’expansion de la corruption, fléau qui ronge notre société, il serait utile voire judicieux d’initier, dès le plus jeune âge, les « enfants d’âge scolaire » aux valeurs d’intégrité et de citoyenneté positive par le biais des ateliers et activités scolaires et parascolaires.

L’objectif de ces ateliers serait une sensibilisation sur les méfaits et les conséquences de la corruption qui se dissémine et surtout s’instrumentalise au sein de notre société. En effet ; la corruption,phénomène perceptible à toutes les échelles, s’est nettement répandue dans les attitudes et le conscient du citoyen au point de devenir subliminal.

De la sorte, l’intégrité de la citoyenneté est largement entamée. Révélée, la corruption financière peut être combattue et sanctionnée. La corruption morale est plus insidieuse, difficile à percevoir et, à ce titre, d’une dangerosité plus essentielle.

Sensibiliser l’enfant d’âge scolaire sur la lutte contre la corruption.

Grâce à l’école, il appartient, aux enseignants et chefs d’établissement scolaire, de sensibiliser les enfants pour favoriser des évolutions positives et citoyennes. La racine de la corruption n’est pas l’argent facile ; c’est plutôt la cupidité de « l’Homme ».
Un des nombreux objectifs éducatifs est de promouvoir l’éthique, la lutte contre la corruption et inculquer les valeurs sociales chez les jeunes en milieu scolaire.

Dans ce cadre ; l’idéal serait de procéder, dans la mesure du possible, par des méthodes didactiques versées dans le ludique (tels que ateliers thématiques faisant intervenir les jeux, les outils multimédias, les dessins humoristiques porteurs d’un message anti-corruption ou encore des présentations théâtrales) destinées aux élèves du secondaires, voir même du primaire.

Ainsi, les enfants seraient confrontés à des objectifs pédagogiques leur permettant d’effectuer des recherches et de réfléchir au problème de la corruption et à lutter contre ces pratiques. L’impact direct serait un rôle inversé pour faire positiver le comportement de leurs parents et de leur famille en favorisant l’essor de ce type d’approches inter-générations appliquées à la lutte contre la corruption. Ainsi, les élèves peuvent être une puissante locomotive du changement des attitudes des adultes. L’enjeu est de créer un effet domino qui pourrait faire reculer la corruption dans les générations futures, voire même dans la génération d’aujourd’hui.

En pratique et à cours terme ; il serait important d’occuper les temps libres de façon utile et intelligente en proposant des espaces où les enfants et les jeunes peuvent participer à des activités créatives et à des jeux centrés sur les moyens d’identifier la corruption et de lutter contre.

Pourquoi cibler particulièrement les enfants ?

C’est généralement entre 10 et 12 ans que les enfants apprennent réellement le respect des règles et qu’ils acquièrent la notion de « justice ». C’est également à ce stade très important du développement cognitif que les enfants commencent à ressentir des émotions intenses telles que la honte, la fierté, la culpabilité et le remord, lesquelles influent sur leur façon de penser et d’agir.

N’étant pas encore « pollués » par les pratiques sociétales, ils portent en eux l’espoir d’un monde meilleur, pas corrompus et constituent souvent une force de changement aussi puissante qu’inexploitée car on ne leur donne pas la place qu’ils méritent.

En développant et en cultivant une conscience et un regard négatif sur la corruption dès le plus jeune âge, il est possible d’avoir une influence positive sur les générations futures en bâtissant une société qui valorise l’intégrité et identifie clairement la corruption comme quelque chose de mauvais et de dangereux.

Ces initiatives auront tendance à être davantage orientées sur la compréhension des phénomènes de corruption par les enfants tout en développant les notions de responsabilité civique. En parallèle ; il sera utile de mettre en place des ateliers pour le corps enseignant.

Ces mêmes enseignants, une fois formés puis respectant la continuité par des formations ou informations continues, seraient à même de prendre en charge des « clubs d’intégrité » pour inculquer des valeurs morales aux enfants ainsi que pour les encourager à s’élever contre la corruption et à prévenir ce phénomène. Il s’agit donc de mini-projets d’étude confiés aux élèves, de façon individuelle ou par petits groupes. L’exposé de ces projets permettra également de valoriser l’enfant dans sa dimension authentique et citoyenne ; tout en consolidant sa personnalité.  

Les enfants sont les graines de l’avenir!

Nous payons tous le prix de la corruption

Comme vous le savez, la corruption est un obstacle de taille pour le développement et la réalisation de l’objectif consistant visant à mettre fin à la pauvreté. Il est injuste d’utiliser les fonds publics à des fins privées. Cela prive les citoyens pauvres d’accès aux ressources. Cela empêche de fournir aux groupes vulnérables les services dont ils ont besoin. Cela affaiblit la prestation de service social tel que l’éducation et la santé. Et cela mène à l’exclusion, à l’instabilité et au conflit.

Nous payons tous le prix de la corruption

Les effets néfastes et drainants de la corruption, sont directement ou indirectement ressentis par, je dirais, des millions de congolaisà travers le pays.

La RDC possède d’abondantes ressources naturelles,mais la population bénéficie rarement de ces richesses. La corruption fragilise également les structures de sûreté et de sécurité telles que les services de police.

La corruption freine la croissance économique, nuit à l’état de droit et entraîne un gaspillage de compétences et de précieuses ressources. Lorsque la corruption est omniprésente, les entreprises hésitent à investir face au coût nettement plus élevé de l’activité économique.

La corruption met en péril la démocratie, la gouvernance et les droits de l’homme en affaiblissant les institutions publiques sur lesquelles se fondent les sociétés justes et équitables.

L’achat de voix en période électorale compromet le processus démocratique, et la justice est remise en question lorsque des délinquants peuvent acheter leur liberté par des pots-de-vin.

Les femmes sont particulièrement exposées à la corruption. En raison de leur exclusion sociale et de l’impossibilité dans laquelle elles se trouvent d’accéder à la protection juridique dont bénéficient d’autres membres de la société, leurs droits économiques, sociaux et culturels sont menacés par la corruption.

La corruption détourne des fonds destinés aux services essentiels comme les soins de santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable, l’assainissement et le logement.

La corruption des fonctionnaires de l’Etat constitue une entrave majeure à la capacité du gouvernement à satisfaire les besoins fondamentaux des citoyens.

Cela étant, le coût de la corruption reste considérable en République Démocratique du Congo. Selon les meilleures estimations, les entreprises et les individus versent 15 milliards de dollars de pots-de-vin par an, soit 3 fois plus que le budget de l’Etat. Le coût humain de la corruption est également affligeant. Par exemple, des infrastructures et des routes qui s’effondrent parce qu’ils n’ont pas été construits conformément aux normes.

C’est un problème énorme et c’est un défi sérieux qui affecte et devrait nous unir tous.

Au Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption, nous luttons contre la corruption non seulement parce que c’est la chose à faire, mais aussi parce qu’elle a de graves répercussions économiques. Il est essentiel de réduire la corruption et ses effets dévastateurs pour atteindre les objectifs de développement durable. C’est aussi essentiel pour atteindre la révolution de la modernité prônée par le gouvernement congolais.

Les activités de lutte contre la corruption menée par Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption depuis 2017 ont produit des résultats concrets.

Nous collaborons avec 35 écoles secondaires pour améliorer la transparence et la qualité de l’enseignement. Depuis 2017, nous avons formé plus de 400 personnes sur les stratégies de lutte contre la corruption et la bonne gouvernance, et se sont engagés à surveiller la prestation de services essentiels tels que la santé, l’éducation, le logement, l’électricité, l’eau et l’assainissement ayant une valeur maximale de 40 millions de dollars américains.

Un objectif fondamental de notre organisation est de veiller à ce que les fonds destinés à des projets au service de la population soient utilisés comme prévu, le but ultime étant de servir les pauvres.

Pour CERC, la lutte contre la corruption ne se limite donc pas aux formations qu’il organise. C’est un problème national et systémique.

Tout d’abord, et au niveau le plus élémentaire, nous savons que des institutions ouvertes et compétentes sont indispensables pour prévenir la corruption. Et pour ce faire, les autorités doivent instaurer et mettre en œuvre les règles strictes en matière de la bonne gouvernance. C’est indispensable si l’on veut changer les comportements et renforcer l’intégrité dans les institutions de l’Etat.

Deuxièmement, la transparence des projets et services publics souvent définis avec la participation des citoyens peuvent contribuer à réduire la corruption.

l’utilisation de la technologie “DevelopmentCheck” — pour indiquer clairement comment les ressources sont utilisées — est un aspect. Cet outil permet de s’assurer que les ressources sont utilisées comme prévu et que les bénéficiaires les reçoivent plus rapidement.

Améliorer la transparence budgétaire et la prestation de services sont des aspects essentiels des programmes du Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption (CERC). Et nous collaborons avec d’autres organisations telles que Integrity Action, NORAD, SIDA pour renforcer l’intégrité et la transparence en RDC.

Il est clair que la corruption est un défi social qu’on ne peut pas résoudre seul. Nous devons le faire ensemble.

Pour parvenir à des résultats durables, le gouvernement, les entreprises, la société civile, les Nations Unies et d’autres organisations internationales doivent prendre part à la lutte.

La crédibilité, la confiance, la redevabilité et la transparence doivent devenir nos atouts.

Nous nous sommes fixé comme vision, d’ici 2025, de rendre le Sud-Kivu une province sans corruption. Dans cette province, la corruption n’existera plus. Il y aura l’égalité et la justice pour tous les peuples, en particulier les femmes et les filles.

En fin de compte, le succès de l’action menée contre la corruption ne dépend pas de ce que fait le Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption dans ses propres murs, mais des mesures prises par le gouvernement congolais, les administrations territoriales et les citoyens pour stopper ce fléau. Tous ceux réunis ont un rôle essentiel à jouer à cet égard.

Nous devons nous inspirer de ce qui a déjà été accompli pour créer des moyens de lutte contre la corruption plus solides et plus efficaces. Nous pensons que les nouvelles technologies, l’information et la transparence sont la voie de l’avenir dans la lutte contre la corruption et que l’objectif de « tolérance zéro » énoncé par le gouvernement congolais peut nous aider à faire reculer la corruption en RDC.

Je suis certain que nos efforts seront couronnés de succès grâce à la participation du gouvernement, à notre volonté de collaboration et à notre détermination à obtenir des résultats. Nous irons de l’avant en tirant parti de notre expérience mais en sachant qu’il est urgent de transformer la lutte contre la corruption.

Unissons-nous tous contre la corruption pour le développement, la paix et la sécurité en République Démocratique du Congo.

Je vous remercie.

Heri Bitamala

Mon vote n’est à vendre

Durant les campagnes éléctorales, certains candidats couvrent les électeurs de cadeaux : t-shirts, chapeaux et même de l’argent. Les candidats pensent que de l’argent bien investi leur apportera le vote des électeurs le jour des élections.

Mais vendre son vote revient à ouvrir la porte à la #mauvaise_gouvernanceet à encourager la #corruption. Et en toute probabilité, cela empêche certains candidats, peut-être parmi les meilleurs, de briguer des postes électifs.

Le Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption va lancer la campagne “Mon vote n’est pas à vendre” pour sensibiliser les électeurs à un vote responsable dans le but d’envoyer des députés responsables au parlement.

Si vous voulez prendre les choses en mains et œuvrer à l’amélioration de territoire, ville ou commune, ces conseils vous guideront pour organiser des événements faisant appel à des volontaires pour sensibiliser les citoyens au vote responsable.

Vous pouvez aussi consulter le module « Engager un dialogue avec les candidats et les élus », par Lex Paulson, dans le cours en ligne Comprendre les élections et la responsabilité citoyenne.

Communiqué de presse No 002/CERC/2018

 Bukavu, le 16 Février 2018. Sous la haute impulsion de nos partenaires y compris Integrity Action, depuis sa création le Centre de Recherche sur la lutte contre la corruption (CERC asbl) mène une lutte déterminée et très volontariste contre la corruption, l’inégalité et l’exclusion dans le secteur éducatif congolais dont la problématique était au cœur de la session de travail tenu Jeudi, 15 Février 2018 au Ministère Provincial de l’EPSP entre le Centre de Recherche sur la lutte contre la Corruption représenté par l’Assistant Exécutif chargé de l’Administration, Plaidoyer et Engagement des politiques, Maître Albert Msambya Labani, et le Ministre provincial de l’Education, la Jeunesse et Sports, Son Excellence Monsieur ISaac BUCHEKABIRI.

Face à l’évolution de ces pandémies, la réponse du Centre de Recherche sur la lutte contre la Corruption a été prompte, avec la mise sur pied d’un programme de renforcement de l’intégrité au sein des communautés dès l’année 2017.

L’engagement de CERC asbl est organisé autour d’un plan stratégique provincial quadriennal dont le premier projet soutenu par Integrity Action a été lancé officiellement le 01 Novembre 2017 dans le territoire d’Uvira où 360 personnes y compris 20 responsables scolaires, 40 enseignants et 300 jeunes ont été formé pour devenir moniteurs communautaires (des bâtisseurs de l’intégrité).

Dans cette perspective, CERC asbl mène des actions et d’autres sont prévues afin de réduire la corruption, l’inégalité et l’exclusion en milieu scolaire ; il s’agit :

  • De la création des clubs d’intégrité et/ou l’organisation des activités parascolaires d’apprentissage sur l’éthique, la lutte contre la corruption et le renforcement des capacités des parlements d’élèves existants ;
  • de la mise en œuvre des programmes (RIC — Renforcement de l’Intégrité au sein des communautés et EGIS — Egalité de Genre et Inclusion Sociale) dans 20 établissements scolaires dans la province du Sud-Kivu avec l’appui d’Integrity Action ;
  • du renforcement des capacités des intervenants y compris les enseignants, les chefs d’établissements et les responsables des organisations de la société civile ;
  • de l’introduction des modules d’éducation à l’intégrité dans lesprogrammes d’enseignement ;
  • de l’engagement des jeunes élèves dans les activités communautaires de surveillance de la prestation et la mise en œuvre des projets de développement et services publics de base dans plusieurs communautés du territoire d’Uvira;
  • de l’organisation de la campagne nationale “AGIR AVEC INTÉGRITÉ
  • de l’organisation de la caravane “ECOLE SANS CORRUPTION

En tout état de cause, les objectifs du Centre de Recherche sur la lutte Contre la Corruption pour 2017–2021 restent de :

  • améliorer la gouvernance dans le secteur de l’éducation en République Démocratique du Congo à travers le programme de Renforcement de l’intégrité au sein des communautés ;
  • tendre vers l’accès universel à l’éducation pour les personnes à risque d’exclusion y compris les jeunes, les femmes, les personnes vivant avec handicap et les enfants ;
  • réduire l’impact global de la corruption sur les personnes pauvres et vulnérables ;

Le programme de Renforcement de l’intégrité, de l’égalité et de l’inclusion vise à renforcer l’intérêt des jeunes « Leaders de demain » à l’égard des questions d’intérêt communautaire et s’efforce de favoriser une compréhension plus approfondie des réalités sociales (corruption, genre et inclusion) afin que ces derniers s’engagent dans les actions communautaires.

Dans ce programme, l’ultime ambition est d’arriver à organiser les jeunes et leurs encadreurs en barrières naturelles contre les déviances et les maux sociaux en solidifiant l’éducation à l’intégrité et bonne gouvernance.

Le présent programme relève du souci conjoint du Centre de Recherche sur la lutte contre la Corruption et ses partenaires de contribuer par une éducation préventive au renforcement des capacités des acteurs et à l’amélioration qualitative de la citoyenneté et des services éducatifs.

Face à la dégradation sans cesse croissante de l’éthique professionnelle et de la qualité de l’éducation, le gouvernement, les organisations de la société civile et la communauté éducative doivent se mobiliser en urgence pour reconfigurer les angles des moules dans lesquels elles ont jusqu’ici formés et informés la jeunesse.

Le but de l’Education à l’Intégrité comme programme éducatif formel est de permettre aux jeunes de bien connaître afin de bien agir et de mieux s’assumer. Il s’agit de stimuler la réflexion et l’action des jeunes afin qu’ils acquièrent des compétences leur permettant de mieux s’acquitter dès à présent et plus tard de leurs obligations en tant que responsables politiques, citoyens et acteurs du développement. Si les jeunes Congolais ignorent les risques auxquels ils s’exposent dans la pratique de la corruption, alors leur ignorance risque, à long terme, de constituer un handicap à l’essor de notre pays qui est déjà à genou sur tous les plans.

L’éducation à l’Intégrité est donc à placer sous le signe de l’opérationnalité. Changer les habitudes et réformer les mentalités supposent une maîtrise des techniques de communication appropriées, un recours à des astuces pédagogiques spécifiques et une parfaite connaissance des cibles en direction desquelles le savoir et les messages doivent être transmis. Nous sommes convaincus qu’en se conformant à la didactique qui leur est prescrite, les jeunes sauront répondre positivement à l’appel d’urgence qui leur est lancé par le Centre de Recherche sur la lutte contre la Corruption.

Communiqué Conjoint — Heri Bitamala (Directeur Executif) & Albert M’sambya Labani (Assistant Exécutif chargé de l’administration, plaidoyer et engagement des politiques

COMMUNIQUE DE PRESSE 003/2017

COMMUNIQUE DE PRESSE 003/2017

SOUTIEN DE CERC asbl AUX MESURES DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION MENEES PAR LA POLICE NATIONALE CONGOLAISE

Suite à la récente déclaration du Commandant de la Police Routière d’Uvira, concernant les actions prises pour lutter contre la corruption dans la circulation routière, le Centre de Recherche sur la Lutte Anti-Corruption souhaite saluer cette détermination, et exprime tout son soutien pour les mesures concrètes prises pour lutter contre la corruption et le système de rançonnement des conducteurs de véhicules communément appelé “Rapport” qui gangrène le service de la police routière et son indépendance et porte préjudices aux transporteurs et usagers.

“Nous nous soucions à la discipline des conducteurs de véhicules, à la conscience professionnelle et à la rigueur des policiers, et nous apporterons notre soutien à toutes les actions qui s’inscriront dans cette démarche, qui vise à faire sauter les verrous de rançonnement et de tracasseries, qui entravent la performance du secteur privé, qui, rappelons-le, contribue à l’emploi, aux recettes fiscales et au PIB”

Heri Bitamala

Le CERC appelle les conducteurs de véhicules à respecter les règles de circulation routière.

Le CERC rappelle également l’importance de poursuivre cette lutte avec la même détermination et l’implication de toutes les parties prenantes : la police, les associations des transporteurs, le pouvoir judiciaire, pouvoirs publics, syndicats, société civile, ainsi que l’appui de la coopération internationale.

Heri Bitamala, Directeur Exécutif

750 MILLIONS DE DOLLARS DE RECETTES MINIÈRES ÉCHAPPENT AU TRÉSOR PUBLIC DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

750 MILLIONS DE DOLLARS DE RECETTES MINIÈRES ÉCHAPPENT AU TRÉSOR PUBLIC DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

La conjugaison délétère de la corruption et d’une mauvaise gestion de la part des administrations fiscales et des entreprises minières publiques de République démocratique du Congo détourne un cinquième des recettes minières du budget de l’État, comme le révèle Global Witness aujourd’hui. Son rapport « Distributeur Automatique de Billets du Régime » démontre en effet qu’au moins 750 millions de dollars ont manqué à l’appel sur trois ans. Et ce sont là des sommes qui auraient dû servir à financer des services publics essentiels en faveur de la population congolaise.

L’annonce de ces conclusions intervient alors que le Congo traverse d’importants troubles politiques et que le président Joseph Kabila s’accroche au pouvoir malgré les difficultés qu’il rencontre. « Les recettes minières congolaises devraient contribuer à sortir la population de la pauvreté, mais au lieu de cela, des sommes considérables sont soutirées aux caisses publiques au profit d’administrations qui n’ont aucun compte à rendre et sont gérées par des personnes proches des élites politiques », explique Pete Jones, responsable de campagne de Global Witness.

Le Congo est le premier producteur de cuivre d’Afrique ainsi que le premier fournisseur au monde de cobalt, un élément qui est utilisé pour la fabrication des batteries au lithium-ion des voitures électriques et qui connaît une véritable flambée des prix. Cela n’empêche pas le Congo de demeurer parmi les pays les plus pauvres au monde. Le rapport « Distributeur Automatique de Billets du Régime » analyse les plus récentes données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui révèlent qu’entre 2013 et 2015, plus de 750 millions de dollars versés par des entreprises minières aux administrations fiscales et entreprises minières publiques du Congo ont échappé au Trésor public. Ce chiffre atteint même 1,3 milliard de dollars si l’on prend en compte d’autres organismes de l’État ainsi qu’une administration fiscale provinciale qui a été dissoute depuis.

« Certaines des transactions que nous avons examinées semblent attribuer à ces administrations le rôle de distributeur automatique de billets du régime de Kabila, explique Pete Jones. Si le Congo veut éviter de retomber dans les conflits et le chaos, il faudra que le pays fasse preuve d’une réelle transparence et mette en place un système de responsabilisation dans l’ensemble du secteur minier et des administrations fiscales. »

Ces conclusions interviennent à un moment où le Congo continue de s’enfoncer dans l’instabilité politique. Le pays est en proie à des violences et des troubles politiques permanents depuis que Kabila a refusé de quitter le pouvoir malgré une stipulation constitutionnelle. L’insuffisance chronique de financement des services publics de base, tels que l’éducation, les hôpitaux et les routes, représente l’une des principales causes de mécontentement vis-à-vis du régime.

« Depuis des années, Global Witness et d’autres acteurs documentent les fuites de recettes du secteur minier congolais vers des sociétés-écrans offshore. Nous constatons désormais que même des recettes versées à des organismes d’État au Congo se volatilisent avant même d’atteindre les comptes du Trésor public », ajoute Pete Jones.

L’un des coupables majeurs de ce détournement de fonds est la principale entreprise minière détenue par l’État, la Gécamines. Celle-ci perçoit plus de cent millions de dollars par an de la part d’entreprises privées du secteur minier congolais, mais semble n’en reverser qu’une infime partie aux caisses de l’État. Les plus importantes et plus lucratives relations commerciales de la Gécamines sont celles qu’elle entretient avec de grandes multinationales du secteur minier, dont les bénéfices comme les risques reposent bien souvent sur des investisseurs occidentaux et des fonds de pension.

Alors que sa contribution aux caisses publiques congolaises est minime, la Gécamines a néanmoins trouvé de quoi rembourser des prêts considérables accordés par Dan Gertler, un ami proche du président Kabila. L’une des entreprises de Dan Gertler a été remboursée alors même que le personnel de Gécamines se voyait privé de salaire et que d’autres prêts n’étaient pas honorés.

Les administrations fiscales congolaises ne sont pas non plus innocentes. La législation actuelle les autorise à retenir un certain pourcentage des amendes appliquées, ce qui a donné lieu à des pratiques abusives de maximisation de la rente et à des amendes fictives dans un contexte où ces organismes essayent de gonfler les montants qu’ils peuvent conserver en fonds propres. Tous ces agissements équivalent à une forme de corruption légalisée.

Selon la Constitution congolaise, chaque citoyen congolais a le droit de profiter des bienfaits des richesses nationales du pays et l’État a le devoir de redistribuer équitablement ces richesses et de garantir le droit au développement. Pour la grande majorité des Congolais, ce sont là des formules vides de sens. Des années de mauvaise gestion et de corruption au sein de la Gécamines alliées à un système fiscal fragmenté ont rendu le système vulnérable aux abus des élites politiques cherchant à dériver des fonds du secteur minier.

« La seule manière de mettre fin au détournement de ces fonds essentiels est de réorganiser le système fiscal fragmenté et d’exiger une totale transparence de la part de la Gécamines. Nous devons savoir combien gagne l’entreprise, combien elle paye au fisc et quel est l’objet de ses dépenses », explique Pete Jones.

© Global Witness