Manque d’infrastructures éducatives, un «déficit d’éducation» en RDC

Les infrastructures – bâtiments, salles de classe, laboratoires et équipements – sont des éléments essentiels de l’apprentissage dans les écoles. Il existe des preuves solides qu’une infrastructure de haute qualité facilite un meilleur enseignement, renforce l’apprentissage et réduit le décrochage scolaire …

Cependant, en République démocratique du Congo, les écoles sont surpeuplées et manquent souvent d’équipements, d’eau et d’installations sanitaires, ainsi que de matériel pédagogique et d’apprentissage adéquat. Cela entraîne un «déficit d’éducation».

Quand on parle du niveau du système éducatif congolais, il ne faut pas voir les quelques écoles haut de gamme de certaines zones urbaines. Allez plutôt dans le Congo profond, dans les zones rurales. Car, en fait, il y a deux Congo dans ce pays: il y a le Congo des détenteurs du pouvoir et c’est beaucoup plus ce Congo que le gouvernement vous présente régulièrement sur les médias. Néanmoins, il y a aussi l’autre Congo, où la majorité de la population vit dans la pauvreté extrême. Cet autre Congo, ils ont honte de le montrer sur les médias publics.

En bref, les autorités congolaises sont elles-mêmes conscientes du fait que le niveau du système éducatif congolais est trop bas. C’est pourquoi ils préfèrent envoyer leurs enfants étudier en Europe, au Canada et aux États-Unis.

Les écoles existent mais sans infrastructures …

Dans les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu, du Kasaï, du Tanganyika, de l’Equateur, de l’Ituri ou du Bandundu par exemple, les écoles existent mais sans infrastructures. Les enfants étudient sous les arbres, assis par terre, changeant de position chaque fois que l’ombre de l’arbre bouge. Ils ne savent pas ce qu’est une bibliothèque, car il n’y en a pas dans leur environnement. La pauvreté est telle que, faute d’un véritable ordinateur, les élèves étudient un ordinateur dessiné au tableau. Avec un bâton pointé sur le dessin, le professeur leur dit: « C’est l’unité centrale; c’est la souris; voici le clavier; la carte mère et le disque dur sont à l’intérieur … » Tout cela en ce 21ème siècle!!

Plus sérieusement, le professeur lui-même n’a jamais utilisé un véritable ordinateur, pas même un téléphone Android. Il dessine simplement au tableau ce qu’il a vu dans un livre et explique à ses élèves. Cependant, qui le condamnera quand on sait que le salaire mensuel d’un enseignant en RDC est d’environ 70 dollars américains, alors que l’ordinateur le moins cher coûte 300 dollars? De l’autre côté, le salaire d’un député congolais est de plus de 7000 dollars!

Dans certains villages du Sud-Kivu, par exemple, l’école la plus proche est à 15 km. Les enfants marchent cette distance à pied tous les jours pendant toute l’année scolaire! A Bandundu, il y a quelque temps, les enfants du village d’Ombali sans école sont forcés de traverser une rivière en pirogue tous les jours pour atteindre la seule école située à 25 km. Avec tous les risques de naufrage que cela implique. Quelles performances académiques pouvons-nous attendre de ces enfants qui subissent une telle épreuve au quotidien?

Bien que les établissements dans les milieux urbains soient mieux équipés, beaucoup sont encombrés. Un élève sur quatre dans les zones urbaines fréquente une institution surpeuplée et plusieurs institutions, pour faire face à cette situation, organisent plusieurs vacations. Les salles de classe encombrées, comme la photo ci-dessus, ne favorisent ni l’enseignement ni l’apprentissage.

Dans les zones rurales, vous verrez des enfants entassés dans un hangar sans murs, portes ou fenêtres. Vous demandez ce qu’ils font, on vous répondra que c’est la nouvelle école créée. Ces écoles sont légion en RDC.

 

Pourquoi devrions-nous investir dans l’éducation?

L’éducation peut rompre les cycles générationnels de la pauvreté en permettant aux enfants d’acquérir les compétences et les connaissances nécessaires pour faire face aux défis actuels. L’éducation permet aux enfants de participer pleinement et activement à la société, de pouvoir exercer leurs droits et de s’engager dans la vie civile et politique. L’éducation est également un puissant facteur de protection: les enfants scolarisés sont moins susceptibles d’entrer en conflit avec la loi et beaucoup moins vulnérables aux formes généralisées d’exploitation des enfants, notamment le travail des enfants, la traite et le recrutement dans les groupes et forces armés.

 

 

Investir dans des écoles situées en zone rurale

Les écoles des zones rurales ont le plus besoin d’investissements… et leurs élèves et étudiants sont doublement désavantagés car ces enfants, issus généralement de familles rurales à faible revenu, sont donc contraints de fréquenter des établissements mal gérés.

Les donateurs, les organismes financiers multilatéraux, dont la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’éducation, l’Agence norvégienne pour le développement et les agences internationales qui aident le gouvernement congolais à mettre en œuvre des plans d’éducation ambitieux devraient investir dans les écoles situées dans villages marginalisés et inaccessibles.

Le gouvernement de la RDC doit concrétiser ses engagements en matière d’éducation en améliorant le système éducatif et en garantissant la gratuité de l’enseignement primaire, comme stipulé dans la constitution de la RDC.