L’Ancien Sénateur Bob Dole et un aide de la campagne de Donald Trump vont faire du Lobbying pour le Gouvernement Congolais

L’Ancien Sénateur Bob Dole et un aide de la campagne de Donald Trump vont faire du Lobbying pour le Gouvernement Congolais

Le gouvernement de la République démocratique du Congo est en difficulté mais a versé des millions de dollars dans une nouvelle campagne de lobbying de Washington mettant au gros plan des républicains éminents. Parmi ceux qui travaillent sur l’effort congolais: l’ancien sénateur des États-Unis Bob Dole et Adnan Jalil qui a travaillé pour la campagne présidentielle de Donald Trump, l’aidant à communiquer avec le Congrès.

Jason Epstein, un lobbyiste de longue date qui a représenté l’ambassade de Turquie et d’autres clients étrangers, fait partie de l’équipe. Epstein est l’ancien directeur des affaires législatives à B’nai B’rith International, selon sa biographie en ligne.

Dans un arrangement inhabituel, la campagne de lobbying au nom du gouvernement congolais est coordonnée par une société de sécurité israélienne, Mer Security and Communications, dont l’Administrateur Directeur General déclare qu’elle a été choisie pour ses «relations personnelles» avec le leadership actuel du pays [entendez, les Etats-Unis].

La [RD Congo], nation africaine, paie à Mer Security environ 5,6 millions de dollars cette année dans le cadre de l’effort de lobbying, selon une analyse du Centre pour l’intégrité publique des informations divulguées auprès du Ministère [Americain] de la Justice. Déjà, le gouvernement congolais a versé 4,5 millions de dollars. C’est de cette somme, que Mer Security utilise pour embaucher des lobbyistes basés à Washington, DC pour l’effort de [protéger Kabila].

“C’est beaucoup d’argent”, a déclaré Joe Sandler, avocat et un expert en lobbying étranger.

Les entreprises de lobbying reçoivent systématiquement des sommes dans les millions lorsqu’elles patronnent des gouvernements étrangers, en particulier ceux qui ont une mauvaise réputation.

Un bon exemple: c’est le Sud-Soudan, qui a dépensé 2,1 millions de dollars dans les entreprises de relations publiques et de lobbying sur le K Street [Une Avenue populaire de Washington DC, pleine des cabinets de Lobbyistes] en 2014 et 2015, y compris une boite dirigée par Tony Podesta, un collecteur de fonds du parti Démocratique.
 
Les Lobbyistes de DONALD TRUMP ont financé la transition du président Trump

Mais les contrats de lobbying étrangers coutent rarement plus de 5 millions de dollars.
La République démocratique du Congo connaît des bouleversements politiques et des troubles civils. Le chef actuel, Joseph Kabila, a promis de tenir des élections avant la fin de l’année, bien que ses opposants ne croient pas qu’il va respecter l’accord.

L’ambassade de la République Démocratique du Congo n’a pas répondu aux demandes de commentaires du Centre for Public Integrity.

La firme de lobbying Alston & Bird, qui emploie Bob Dole, a reçu 500 000 $ de Mer Security le 27 avril. Les dépôts de Mer Security auprès du ministère de la Justice Américaine décrivent l’argent comme un «paiement pour s’engager dans des activités politiques».

En vertu de la Loi sur l’enregistrement des agents étrangers, Alston & Bird est tenu de divulguer publiquement qu’il représente un gouvernement étranger dans les 10 jours suivant l’acceptation de représenter un gouvernement étranger. Il ne l’a pas fait.

Après plusieurs demandes du Centre for Public Integrity, Alston & Bird a déposé son rapport de divulgation le 10 mai 2017, qui comprenait une lettre d’engagement signée le 19 avril avec Mer Security.

La lettre d’engagement de l’entreprise a déclaré que Bob Dole serait l’avocat principal en la matière [Bob Dole a 94 ans].

Les 500 000 $ couvrent trois mois du travail d’Alston & Bird. Alston & Bird, le sous-traitant de Mer Security, a déclaré que ses termes d’engagement indiquaient que l’entreprise offrirait des conseils sur les «communications stratégiques, les problèmes de politique et le respect des lois sur la divulgation des lobbyistes».

Les termes de l’accord «n’incluent pas ou n’anticipent pas notre représentation ou plaidoyer en faveur du gouvernement de la République démocratique du Congo auprès du gouvernement des États-Unis».

Dennis Garris, le partenaire directeur du bureau de Washington d’Alston & Bird, n’a pas répondu aux demandes de commentaires. Même chose pour Bod Dole, dont le rôle n’est devenu public que lorsque la société a déposé sa divulgation [au Ministère de la Justice].

Bob Dole, le seul ancien candidat à la présidentielle républicaine qui a approuvé Trump avant la convention des Républicains l’été dernier, est un membre calé, dans son élément à Washington, avait récemment attiré attention avec son lobbying au nom de Taiwan. Les efforts de Bob Dole ont conduit à un appel étonnant entre Trump et le président de Taiwan, mettant la Chine [Communiste] en colère.

L’acompte de Bob Dole pour le travail de Taiwan, qui comprend le lobbying direct, est de 25 000 $ par mois, selon les informations fournies par le gouvernement fédéral.

Epstein et Jalil ont déclaré dans leurs courriels que le but de leur travail est de promouvoir une discussion «ouverte et productive» dans le but d’améliorer la situation en République démocratique du Congo.

Les révélations d’Epstein montrent qu’il reçoit 138 000 $ pour trois mois de travail.
« Le peuple congolais, leur sécurité et leurs droits de l’homme ne peuvent que s’améliorer si les États-Unis jouent un rôle actif et engageant dans le plus grand pays d’Afrique », a déclaré Jalil, qui a reçu jusqu’à présent 45 000 $, selon les dépôts.

Jalil, dont le seul client de lobbying actuel est Mer Security, a déclaré qu’il a rejoint la campagne de Trump en tant qu’Aide de liaison avec la Chambre des représentants au début du printemps 2016 « et il faisait partie d’une très petite équipe, loyale et dévouée à Washington ». Trump avait beaucoup critiqué l’industrie de lobbying et d’influence de Washington, et en janvier, il avait publié un décret interdisant aux fonctionnaires de l’administration de faire du lobbying au nom d’un gouvernement étranger.
Néanmoins, certains anciens disciples de Trump ont poursuivi le travail de lobbying notamment, son ancien directeur de campagne, Corey Lewandowski.

La Recherche d’accès aux politiciens américains
Mer Security a dit dans ses déclarations qu’il avait accepté de conseiller les autorités congolaises sur les politiques et les préoccupations politiques des États-Unis concernant les problèmes de sécurité en Afrique.

Il conseillera également le gouvernement Congolais sur la nomination d’un envoyé spécial aux États-Unis et sur «la planification stratégique de l’engagement de l’envoyé en la diplomatie bilatérale avec les États-Unis».

Un envoyé spécial de la République démocratique du Congo devrait se rendre à Washington en juin, selon les consignes. En décrivant son travail au nom de la République Démocratique du Congo, Mer Security a déclaré au ministère de la Justice qu’il «avait accepté de galvaniser l’intérêt et de participer aux réunions des hauts responsables de l’administration américaine et des principaux décideurs dans divers comités du Congrès».

La République Démocratique du Congo a subi d’importants tumultes politiques au cours des derniers mois. Le chef actuel, Joseph Kabila, devrait démissionner à la fin de l’année dernière. Mais il a négocié un accord pour rester au pouvoir en échange d’une promesse de tenir des élections d’ici la fin de 2017.

Cette semaine, Kabila a nommé un nouveau gouvernement de transition, ce qui a été décrié par les opposants comme une violation de l’accord pour lui permettre de rester au pouvoir. Kabila a déclaré que les retards des élections sont dus à des défis logistiques et budgétaires, ce qui pourrait susciter des questions sur la décision de son gouvernement de dépenser des millions de dollars dans une campagne de lobbying en Washington.

Le Département d’Etat américain a averti les Américains d’éviter des déplacements inutiles en République démocratique du Congo, en citant des problèmes de sécurité.

L’administration Obama avait sanctionné les hauts fonctionnaires du gouvernement de Kabila. Et plus tôt ce mois-ci, Nikki Haley, l’ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, avait qualifié le gouvernement de « corrompu » et l’a déclaré « prédateurs de ses citoyens ».

Un intermédiaire inhabituel

Un examen des publications fédérales ne montre aucun cas de lobbying de Mer Security aux États-Unis. Dans ses dépositions publiques, la société a déclaré que ses activités commerciales principales sont «la fabrication, la fourniture et l’installation de systèmes de télécommunications et d’électricité, le développement de logiciels de commande et de contrôle, la construction de centres de commandement et de contrôle et l’intégration et la mise en œuvre de systèmes de sécurité physique».

Omer Laviv, directeur général de Mer Security, a déclaré par courrier électronique au Centre for Public Integrity que la société a été embauchée pour « explorer les opportunités grâce auxquelles le gouvernement américain peut soutenir le gouvernement de la RDC dans ses efforts pour apporter la paix, la stabilité et la prospérité au peuple congolais. »

La société a « une grande expérience » en conseil et consulting avec les gouvernements en matière de sécurité nationale, at-il déclaré, et a travaillé pendant de nombreuses années en République démocratique du Congo.
« Les relations personnelles qui se caractérisent par un haut niveau de confiance ont été établies entre le MER et la présidence du Congo », a déclaré Laviv.

« Ce niveau de confiance a conduit le gouvernement congolais à nommer MER à cette fonction ».
La République démocratique du Congo avait déjà été représentée à Washington par BGR Government Affairs, une importante société républicaine.

Les informations livrées auprès du département de la Justice montrent que la représentation [pour le Congo] des affaires gouvernementales du BGR a pris fin le 31 janvier.

Cette histoire est apparue au American Centre for Public Integrity