Le suivi et le plaidoyer des élèves influencent la manière dont les services éducatifs sont fournis dans leurs écoles.

En République démocratique du Congo, des millions d’enfants sont scolarisés dans des infrastructures qui ne répondent pas aux normes et standards minimums. Les écoles secondaires d’Uvira peinent à fournir des installations éducatives adéquates aux enfants. Cela signifie que les enfants sont contraints d’étudier dans des bâtiments construits dans les années 1990 et qui manquent de tout : toilettes adéquates, eau courante, bibliothèques et matériel pédagogique adéquat.

Il s’agit d’un problème fondamental, car la qualité des installations scolaires est liée aux résultats scolaires des élèves et des enseignants.

Le suivi et le plaidoyer menés par les élèves comme moyen créatif pour changer le statu quo

Le manque d’engagement effectif des élèves entraîne souvent un décalage entre ce que le service d’éducation essaie d’accomplir et les besoins des élèves.

L’initiative de suivi menée par les élèves au Sud-Kivu contribue à améliorer la prestation des services éducatifs et à renforcer la redevabilité entre les élèves, les communautés et les décideurs du secteur de l’éducation.

Pour s’assurer que les écoles respectent les normes minimales du ministère de l’éducation, depuis avril 2018, 300 moniteurs dans vingt écoles secondaires ont été formés et équipés par le CERC pour surveiller la réalisation des services éducatifs et la qualité des infrastructures dans leurs écoles respectives. La formation sur le renforcement de l’intégrité communautaire fournit par CERC permet aux moniteurs d’analyser la performance de l’école, de prendre des photos des services, de mener des enquêtes auprès de leurs collègues, de vérifier les résultats ainsi que de s’engager auprès des parties prenantes telles que le chef d’établissement et le comité de parents pour résoudre les problèmes.

En juin 2018, deux mois après avoir été formés et avoir commencé les activités de suivi en utilisant la formation et les outils reçus, les moniteurs de ces vingt écoles partenaires ont découvert plusieurs problèmes sérieux dans les installations de l’école. Un problème fréquent constaté dans toutes les écoles était l’absence de toilettes adéquates qui ne pouvaient pas répondre à la demande et qui n’étaient pas nettoyées régulièrement. Les résultats de suivi ont également montré que quinze écoles n’avaient pas l’eau courante. Cela signifie que les élèves ne se lavaient pas les mains après avoir utilisés les toilettes et qu’ils n’avaient pas l’eau à boire à l’école.

À partir de ce moment, ces moniteurs ont soulevé les problèmes et les recommandations auprès des responsables scolaires. Grâce à cet engagement constructif, ces élèves ont pu influencer le changement, en veillant à ce que des salles de classe supplémentaires soient construites, les installations médiocres soient réhabilitées, des toilettes soient construites, les pupitres et les bancs soient réparés et que les tôles qui suintaient soient remplacées.

Un bloc de huit latrines construit grace au plaidoyer des élèves moniteurs. Photo: Club d’Intégrité de l’Insitut Itara, Luvungi, Uvira

À ce jour, quinze écoles secondaires surveillées ont désormais accès à l’eau, ce qui n’expose plus les enfants au risque d’attraper des maladies. En outre, trois autres écoles sont en train de construire de nouvelles toilettes et salles de classe grâce à l’engagement de ces jeunes moniteurs.