Comprendre la Corruption

Qu’est ce que la corruption?

La corruption est définie par Transparency International comme un abus de pouvoir à des fins privées. De même, la Banque mondiale la définit comme l’abus d’une charge publique aux fins privées. Les deux définitions ont trois éléments clés en commun: l’abus de pouvoir, un écart par rapport à la norme, et a des fins privés.

La corruption peut être « petite » ou «grande corruption», suivant les sommes d’argent perdues et l’importance des individus ou des institutions impliquées, et active ou passive. Il existe de nombreuses formes de corruption, incluant le pot du vin, le détournement de fonds, le favoritisme, le népotisme, la fraude, la corruption sexuelle, l’extorsion de fonds, la collusion, le blanchiment d’argent, le clientélisme et la corruption politique. La corruption peut donc être de la nature monétaire (impliquant des montants d’argent) ou non monétaires (impliquant des faveurs ou d’autres formes de gain).

Pourquoi lutter contre la corruption?

L’idée de fonder une association pour lutter contre la corruption en République Démocratique du Congo provient de certains citoyens congolais déterminés à donner au pays un environnement propice à la réalisation du développement durable, en gardant à l’esprit les effets de la corruption:

La corruption affecte chacun d’entre nous et peut mener à:

⇒ Moins de prospérité:

La corruption freine la croissance économique, nuit à l’état de droit et entraîne un gaspillage de compétences et de précieuses ressources. Lorsque la corruption est omniprésente, les entreprises hésitent à investir face au coût nettement plus élevé de l’activité économique. Dans les pays corrompus qui possèdent d’abondantes ressources naturelles, la population bénéficie rarement de ces richesses. La corruption fragilise également les structures de sûreté et de sécurité telles que les services de police. Enfin, elle empêche les populations, les pays et les entreprises de réaliser leur potentiel.

⇒ Moins de respect des droits:

La corruption met en péril la démocratie, la gouvernance et les droits de l’homme en affaiblissant les institutions publiques sur lesquelles se fondent les sociétés justes et équitables. L’achat de voix en période électorale compromet le processus démocratique, et la justice est remise en question lorsque des délinquants peuvent acheter leur tranquillité par des pots-de-vin. Les peuples autochtones et les femmes sont particulièrement exposés à la corruption. En raison de leur exclusion géographique et sociale et de l’impossibilité dans laquelle ils se trouvent d’accéder à la protection juridique dont bénéficient d’autres membres de la société, leurs droits économiques, sociaux et culturels sont menacés par la corruption.

⇒ Moins de services:

La corruption détourne des fonds destinés aux services essentiels que sont notamment les soins de santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable, l’assainissement et le loge-ment. La corruption des fonctionnaires constitue une entrave majeure à la capacité du gouvernement à satisfaire les besoins fondamentaux des citoyens. Dans les pays où l’aide internationale est censée améliorer la qualité de vie, la corruption fait bar-rage aux efforts de la communauté internationale et met en péril de futurs financements.

⇒ Moins d’emplois:

Lorsque l’attribution des postes ne relève pas du mérite mais du népotisme, ce sont des perspectives qui se fer-ment. Pour les pauvres, les femmes et les minorités, la corruption se traduit souvent par un accès encore plus restreint à l’emploi. En outre, du fait qu’elle décourage les investissements étrangers, elle limite la création d’emplois.

L’éradication de la corruption est essentielle pour atteindre, entre autres buts, les Objectifs de Développement Durable, et la lutte contre ce fléau est l’une des premières priorités des organismes d’aide au développement et d’un nombre de pays chaque jour plus important.

⇒ Prix de la Corruption


Nous payons tous le prix de la corruption

Nous pouvons tous être victimes de la corruption. Partout où elle sévit, elle a des conséquences négatives. Comme le montrent les exemples ci-dessous, la société pâtit de la corruption.

Corruption: développer les infrastructures ou alimenter des comptes bancaires privés?

Lorsque des contrats juteux sont en jeu, la corruption, la fraude et la soustraction peuvent compromettre des projets d’infrastructure de grande envergure. Ces pratiques peuvent aboutir à des vols de fonds et, par suite, à un abandon du projet, mais aussi à des infrastructures qui ne sont qu’en partie achevées ou qui ne répondent pas aux normes, voire qui sont dangereuses. Des fonds peuvent également être affectés à des secteurs non prioritaires mais offrant de meilleures perspectives d’enrichissement personnel. Ainsi, même lorsqu’un hôpital fait cruellement défaut, des pots-de-vin versés à des personnes bien placées peuvent faire porter la priorité sur un autre projet bien moins nécessaire. Enfin, comme les marchés sont attribués à des entreprises qui ne sont pas les plus compétentes, la qualité du travail s’en ressent. Il peut en découler un effondrement de l’économie, qui entretient le sous-développement.

Même les conséquences d’une catastrophe peuvent offrir à des acteurs corrompus des possibilités de prospérer. Des routes, des ponts, des tunnels, parfois même des quartiers ou villages entiers doivent être reconstruits. Cela donne lieu, d’après les observations des experts, à des tenues de compte et des procédures d’appels d’offres faussées, des malfaçons, des défauts de planification et de conception et des problèmes de droits fonciers dans les zones sinistrées, autant de difficultés qui freinent le redressement ou la reconstruction à long terme.

Corruption: éducation, fraude et mise en péril de l’avenir de nos enfants

Le secteur de l’éducation regorge d’exemples de corruption. La fraude académique, par exemple, sévit dans de nombreux pays; elle est considérée comme une grave menace à l’intégrité et à la fiabilité des diplômes de l’enseignement supérieur. Le gaspillage lié aux marchés passés dans le secteur de l’éducation, qui concerne notamment les bâtiments scolaires, la falsification des frais d’entretien et le paiement de manuels jamais reçus, coûte très cher aux populations. Les professeurs absents qui figurent sur les listes de professeurs en activité dans les écoles pèsent lourdement sur les dépenses publiques. Ce phénomène compromet sérieusement le niveau d’instruction des populations les plus pauvres et les résultats du système éducatif.

Mais pour mesurer l’impact de la corruption dans l’éducation, il ne suffit pas d’additionner les coûts financiers immédiats. Faire en sorte que les crédits budgétaires affectés à l’enseignement soient investis et administrés de manière juste et transparente, c’est protéger le bien le plus précieux d’un pays, ses enfants. Si les jeunes en viennent à penser que l’accès à l’école ou à l’université et les notes peuvent être achetés, l’avenir économique et politique du pays est mis en danger et une culture de corruption risque de s’installer; les jeunes terminent alors leurs études en n’ayant acquis que peu de compétences et contribuent donc moins à l’économie et au secteur public.

Corruption: la facture fiscale s’alourdit, et vous n’en êtes peut-être même pas conscient

La corruption freine le développement économique, nuit à l’intégrité du secteur privé et fait fondre les montants destinés à la lutte contre la pauvreté. Parce qu’elle produit les mêmes effets qu’une “taxe” cachée ou que des frais généraux illégaux, la corruption décourage les investisseurs, ce qui provoque des pertes d’emplois et finit par enfermer le pays dans la pauvreté. Elle fait également obstacle à la création de petites et moyennes entreprises capables de produire de la richesse pour les pays. Comme la confiance des entreprises est ébranlée, les bénéfices diminuent, les prix augmentent et la qualité des services se dégrade.


Ce document est originalement publié à Anti Corruption Day Factsheets